
La population suisse vieillit et ses besoins en traitements médicaux et en soins infirmiers augmentent. Dans le même temps, les progrès de la médecine débouchent sur des thérapies qui n’existaient pas il y a quelques années encore. Cette évolution garantit un système de santé de haute qualité mais aboutit aussi à une augmentation des coûts. Il est donc d’autant plus important d’engager aussi efficacement que possible les moyens financiers, en personnel et en infrastructures qui sont à disposition.
Aujourd’hui, les hôpitaux et les cliniques sont bien davantage que des sites dédiés aux traitements stationnaires. Ils assurent les soins d’urgence, posent des diagnostics, pratiquent la médecine de jour, fournissent en ambulatoire des consultations et des thérapies, assurent des suivis. Ils font aussi de la médecine hautement spécialisée.
De nombreuses interventions, qui nécessitaient autrefois une hospitalisation de plusieurs jours, peuvent être effectuées aujourd’hui en ambulatoire. Cela correspond le plus souvent aux attentes des patient∙e∙s, nécessite moins d’infrastructures et décharge le personnel car il en résulte moins de nuitées et donc moins de services de nuit et du week-end. Les hôpitaux encouragent activement cette évolution, en dépit des tarifs trop bas en vigueur dans l’ambulatoire.
La transformation va cependant bien au-delà de l’ambulatorisation de certains traitements. Les hôpitaux et les cliniques unissent leurs offres, se spécialisent et collaborent étroitement avec les médecins de famille, les soins à domicile, la réadaptation, la psychiatrie et d’autres fournisseurs de prestations. Ils évitent ainsi les doublons et prodiguent des soins là où c’est médicalement indiqué et efficient.
L’hôpital d’aujourd’hui est stationnaire, ambulatoire et en réseau. Les hôpitaux et les cliniques ne sont pas seulement un élément essentiel du système de santé mais aussi un acteur important de l’évolution de la prise en charge des patient∙e∙s. Si l’on veut freiner durablement la croissance des coûts, il faut que la transformation soit possible vers une prise en charge ambulatoire au sein de réseaux régionaux.
Anne-Geneviève Bütikofer, directrice de H+
Afin que les hôpitaux puissent déployer entièrement leur potentiel, des conditions-cadres politiques et financières appropriées doivent être créées pour soutenir cette transformation. Aujourd’hui, les coûts de nombreuses prestations ambulatoires ne sont pas couverts. En 2025, plus de 80% des hôpitaux de soins aigus n’ont pas réalisé la marge nécessaire à une exploitation durable. Des baisses supplémentaires des tarifs ou de nouvelles interventions du législateur ne contribueront pas à la maîtrise des coûts mais freineront l’ambulatorisation et alourdiront la charge administrative.
H+ s’engage donc en faveur de tarifs ambulatoires appropriés, qui se basent sur une fourniture efficiente des prestations. En outre, de meilleures conditions et des incitations adéquates sont nécessaires afin que les réseaux et les coopérations entre fournisseurs de prestations soient favorisés. Car une maîtrise des coûts sur la durée ne réussira pas en affaiblissant la fourniture des soins, mais en la transformant de manière ciblée. Les hôpitaux et les cliniques sont prêts à promouvoir ce changement en faveur d’une fourniture des soins de haute qualité, finançable et garantie sur le long terme.
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