Ecole de La Source, Beaulieu, Lausanne. Hôpital simulé.
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10. février 2026

Formation et formation continue

Haute école de la santé La Source (Lausanne)

«Le sens de la recherche? Améliorer les soins»

À la Haute école de la santé La Source, la recherche s’ancre pleinement dans la pratique. Appliquée, interdisciplinaire et utile aux bénéficiaires, elle est défendue par la Prof. Véronique de Goumoëns, directrice du Département Enseignement, Recherche et Services.
Competence Muriel Chavaillaz

auteur

Muriel Chavaillaz

Journaliste de Competence pour la Suisse romande et le Tessin

muriel.chavaillaz@hplus.ch

À La Source, la recherche fait partie intégrante de l’ADN institutionnel. Sur les quelque 108 collaborateur·trice·s de l’école lausannoise, entre 70 et 80 sont actif·ve·s dans des projets de recherche, à différents niveaux. «Ce sont des professeur·e·s, des maître·sse·s d’enseignement impliqué·e·s dans la recherche, mais aussi des assistant·e·s engagé·e·s sur fonds externes», précise la Prof. Véronique de Goumoëns. L’interdisciplinarité est forte, avec des profils issus des sciences infirmières, mais aussi des sciences sociales, de l’éducation, de la psychologie ou des neurosciences.

La Prof. Véronique de Goumoëns assure la direction générale
de La Source ad interim depuis le 1er février. (photo: DR)

Si les parcours sont variés, la vision est commune: produire une recherche appliquée, directement utile aux bénéficiaires des soins. «Les sciences infirmières sont au service du développement de la qualité des soins. Notre recherche part toujours des problématiques du terrain.»

Former, chercher, transformer

En partenariat avec l’Université de Lausanne, La Source accélère l’académisation de la profession grâce à un master en sciences infirmières conjoint (HESSO-IUFRS/UNIL), tandis que le doctorat en sciences infirmières est assuré par l’UNIL. Les chercheur·euse·s ont généralement un parcours clinique préalable.

Une infirmière fait d’abord de la pratique, puis un master, souvent comme infirmière de pratique avancée, avant d’envisager un doctorat. Une trajectoire qui garantit la légitimité et l’ancrage des projets de recherche.

Prof. Véronique de Goumoëns

Les étudiant·e·s sont intégré·e·s très tôt à cette culture scientifique. Tous·tes sont sensibilisé·e·s à la recherche, notamment à travers leur travail de bachelor, qui peut prendre la forme d’une revue de littérature, d’une participation à un projet existant ou d’un travail d’implantation sur le terrain. «L’objectif est de développer leur esprit critique. On ne peut pas appliquer des résultats de recherche sans analyser le contexte, les ressources et les préférences des personnes concernées.»

Partir des besoins du terrain

La plupart des projets sont menés en partenariat étroit avec des institutions cliniques. Le projet SAFIR-E (Soins Aux Familles: Intervention pRécoce en Équipe) en est un exemple emblématique, tant par son origine que par sa portée. L’idée est née directement de l’expérience clinique de la Prof. Véronique de Goumoëns, qui a exercé comme infirmière en neurochirurgie. Sur le terrain, elle observe les difficultés des patient·e·s et de leurs proches à comprendre les étapes du parcours de soins, à se repérer parmi les multiples interlocuteur ·rice·s et à faire face à l’incertitude liée à l’intervention. De ce constat naît SAFIR-E, une intervention infirmière structurée, pensée dès le départ pour être intégrée aux pratiques cliniques. Le projet associe des temps d’information ciblés, un accompagnement personnalisé et une coordination renforcée entre les professionnel·le·s impliqué·e·s.

Son objectif: soutenir les familles des personnes cérébro-lésées, sécuriser les parcours, renforcer le sentiment de confiance et améliorer l’expérience globale des bénéficiaires.

Cette approche systémique tient compte de l’interprofessionnalité. «On peut développer d’excellentes interventions, mais si on n’intègre pas l’ensemble des parties prenantes, elles ne fonctionneront pas sur le terrain.» Les étudiant·e·s ont d’ailleurs contribué à ce projet, en interrogeant des professionnel·le·s de santé et en participant à certaines analyses. «Cela leur permet de comprendre très tôt les enjeux de la recherche.»

L’hôpital simulé de la Haute école de La Source, Beaulieu (crédit photo: J. Bierer)

Financer, persévérer, collaborer

Obtenir des financements reste un défi majeur. «C’est un milieu très compétitif, et les coupes budgétaires fragilisent la recherche.» Les équipes de La Source sollicitent le Fonds national suisse, des fondations privées et espèrent une pleine réintégration des programmes européens. La persévérance est souvent décisive. «Les refus ne sont jamais stériles. Les retours des expert·e·s permettent d’améliorer les projets.»

La recherche s’inscrit aussi dans des réseaux nationaux et internationaux. Vice-présidente de l’Association suisse pour les sciences infirmières, la Prof. de Goumoëns a contribué à l’élaboration de l’agenda stratégique national de la recherche en sciences infirmières (SRAN). «Il donne une vision claire des priorités pour améliorer la qualité et la sécurité des soins.» À l’international, ces collaborations enrichissent les projets et ouvrent des perspectives aux étudiant·e·s.

Il faut démocratiser l’accès à la recherche et aux réseaux scientifiques. Beaucoup n’osent pas y aller, ne se sentent pas à leur place. À La Source, nous oeuvrons pour changer ces mentalités.

Prof. Véronique de Goumoëns
Remise de diplôme pour 191 étudiant·e·s lors la Journée Source 2025 (DR).

Donner du sens à la recherche

Pour la professeure, la recherche infirmière ne peut être une fin en soi. «Si elle ne répond pas à des besoins cliniques concrets, elle n’a pas de sens.» Cette exigence guide l’ensemble des missions académiques de la haute école. «Les valeurs de la profession infirmière sont très fortes. Elles traversent la pratique clinique, l’enseignement, la recherche et même le management.»

Une cohérence essentielle à ses yeux, dans un contexte où la science est parfois fragilisée. «Plus on fait de la recherche, plus on se rend compte qu’on a encore beaucoup à apprendre. C’est précisément ce qui la rend stimulante.» C’est ainsi qu’à La Source, la recherche ne s’écrit pas à distance du soin, mais avec celles et ceux qui le vivent au quotidien.

Photo de titre: La Source, Beaulieu (crédit photo: J. Bierer)

   

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