
L’Hôpital de la Providence à Neuchâtel s’est tourné vers deux partenaires régionaux, la HE-Arc et Johnson & Johnson, pour lancer une réflexion sur l’optimisation de la gestion de son service de stérilisation, avec un objectif en tête : dans un secteur où le marché du travail manque de forces vives, travailler ses procédures et son mode de fonctionnement afin d’améliorer sa planification et d’optimiser le travail de ses équipes. Le projet, qui comprend recueil de données de terrain et intelligence artificielle, a obtenu la validation d’Innosuisse, organisme dédié au soutien des projets innovants en Suisse.
Le bloc opératoire est une mécanique de haute précision, qui demande de l’anticipation et une coordination sans faille des équipes, avec des périodes parfois intenses. L’un des derniers maillons est la stérilisation, il est particulièrement complexe d’anticiper de manière claire, précise et séquencée son activité, et par conséquent la planification de ses ressources. Eviter les situations de surcharge de travail passe par l’anticipation. C’est cet enjeu auquel a décidé de répondre l’Hôpital de la Providence en collaboration avec la HE-Arc et Johnson & Johnson, explique-t-il dans un communiqué.
La HE-Arc a proposé de développer un outil, basé sur l’intelligence artificielle, qui permet de prendre en compte l’ensemble des contraintes de manière à planifier une organisation optimale. A titre d’exemple, en indiquant le programme d’opération du jour, la solution offre une proposition idéale de planning des collaborateurs. « Nous avons créé un jumeau numérique du processus de stérilisation qui peut être modifié et qui permet la planification de scénarios. Les flux de stérilisation peuvent donc être optimisés, en termes de temps et de coûts, en simulant divers cas de figure (par exemple, en faisant varier le nombre de machines, l’horaire de travail des employés, etc.) », relève Stefano Carrino, professeur en informatique à la HE-Arc.
Pour parvenir à créer cet outil, dix-huit mois ont été nécessaires afin de recueillir les informations sur site, collecter les données fournies par le partenaire industriel de ce projet, Johnson & Johnson, et développer la partie IT. Des audits, des inventaires et de nombreuses simulations ont été réalisés pour permettre une modélisation réaliste. « Les deux approches utilisées, l’une centrée sur les données et l’autre basée sur du Lean Management, se sont parfaitement complétées et ont permis d’identifier les potentiels d’amélioration au sein de processus complexes », poursuit Karine Doan, professeure associée à l’HE-Arc, spécialisée en management de la Supply Chain. Ce sont ainsi 3 heures par jour qui ont été économisées dans le service, grâce à une planificationplus finement calée sur ses rythmes d’activité.
Et la plus-value sur les équipes est réelle. Moins de stress et de fatigue et une meilleure compréhension des contraintes pour une prise en charge optimale, conclut l’hôpital.
Validé par Innosuisse, organisme dédié au soutien des projets innovants en Suisse, ce projet constitue l’un des chapitres de l’ouvrage « Digitization in Supply Chain Management: Trends, Challenges, and Solutions » consacré à l’impact de la transformation numérique. Cette expérience collaborative ayant démontré sa pertinence, un nouveau projet sur le thème de l’optimisation du stock au sein de son bloc opératoire fait déjà l’objet d’un travail de bachelor de l’une des étudiantes de l’HE-Arc.
Photo de titre: Chamot