Espace Compétences Cully formation continue
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6. octobre 2026

Formation continue: stratégie ou offre à la carte?

Centre de formation

Espace Compétences: Quand le terrain dessine la formation

À Espace Compétences, à Cully, les formations évoluent avec les besoins du terrain et les transformations du secteur. Face à la pénurie de personnel, leur conception exige une collaboration toujours plus étroite avec les établissements de santé.
Competence Muriel Chavaillaz

auteur

Muriel Chavaillaz

Journaliste de Competence pour la Suisse romande et le Tessin

muriel.chavaillaz@hplus.ch

Faute d’offre en Suisse, les professionnel·le·s souhaitant se former à la gypsothérapie devaient jusqu’ici notamment se tourner vers l’étranger. Pour combler ce manque, Espace Compétences a réuni des expert·e·s du terrain afin de définir les compétences à acquérir et de concevoir un cursus. Près d’un an plus tard, les premier·ères participant·e·s entraient en formation.

Une démarche emblématique du centre. «Notre travail, c’est d’être à l’écoute, d’anticiper les besoins», résume Florent Nesztler, responsable de formation. Du perfectionnement de quelques jours aux cursus certifiants et préparations aux examens fédéraux, l’offre reste guidée par un impératif: répondre aux réalités du terrain.

«Former quelqu’un, c’est bien», souligne Florent Nesztler, «mais sans possibilité d’utiliser ce qui a été appris, une partie du bénéfice se perd.» (photo: DR)

À l’arrière du rideau

Florent Nesztler connaît bien ces réalités. Infirmier de formation, il a été ICUS, directeur des soins puis directeur général adjoint de deux cliniques avant de rejoindre Espace Compétences il y a deux ans. «Je voulais découvrir ce qu’il y avait derrière le rideau», sourit-il: comprendre comment les besoins du terrain deviennent des programmes de formation.

Son expérience nourrit son travail. Confronté à des profils et attentes variés, il a notamment imaginé une formation sur le management des nouvelles générations.

D’autres cursus sont conçus sur mesure à la demande des établissements, parfois directement sur leur site.

Mesurer ce qui change vraiment

Répondre aux besoins ne signifie pas seulement remplir une salle de cours. Encore faut-il savoir ce qu’il advient des compétences acquises une fois les participant·e·s de retour dans leur institution.

Pour certaines formations, Espace Compétences s’appuie ainsi sur le modèle d’évaluation de Kirkpatrick, qui permet notamment d’évaluer le transfert des acquis dans la pratique professionnelle. Le rôle de l’employeur devient alors essentiel. Dans le cadre de certaines formations, un·e référent·e terrain accompagne la personne formée et l’aide à mettre en place ses nouvelles compétences. «Former quelqu’un, c’est bien, souligne Florent Nesztler. Mais sans possibilité d’utiliser ce qui a été appris, une partie du bénéfice se perd.»

De la dépense à l’investissement

Créer les conditions de ce transfert exige toutefois du temps et des moyens. Les budgets de formation varient selon les ressources des établissements et leurs priorités. L’enjeu: répondre aux besoins sans alourdir les cursus au point de les rendre inaccessibles.
Dans un secteur en pénurie, la formation constitue aussi un levier de fidélisation. «Les compétences permettent de reconnaître et de valoriser les professions», souligne Florent Nesztler. Mais elle doit s’accompagner d’un management adapté, d’une organisation du travail favorable et de perspectives de développement.

C’est là que Florent Nesztler voit le principal défi: renforcer les liens entre les établissements et les organismes de formation. Les premiers connaissent les enjeux et les réalités quotidiennes; les seconds contribuent à les traduire en réponses permettant de développer les compétences. «Le terrain a les enjeux, nous avons les leviers.» Une complémentarité qui reste encore insuffisamment exploitée.

Le terrain a les enjeux, nous avons les leviers. Une complémentarité qui reste encore insuffisamment exploitée.

Florent Nesztler, responsable de formation

À l’heure où les métiers évoluent rapidement et où chaque professionnel·le qualifié·e compte, la formation continue ne peut donc plus être pensée à distance des services. Elle doit se construire avec eux, puis revenir vers eux sous forme de compétences réellement utilisables. Autrement dit: partir du terrain pour mieux y retourner.

Photo de titre: via Canva.com

   

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