
Pour H+, une chose est claire: la transformation nécessaire du système de santé¹ ne pourra aboutir sans une numérisation cohérente. Celle-ci n’est pas seulement un levier essentiel, mais une condition indispensable à une évolution durable de l’ensemble du système. C’est pourquoi H+ assure la coprésidence de l’organe sectoriel du programme DigiSanté, chargé de faire progresser l’agenda national de la numérisation. Créé il y a un an, cet organe réunit les principaux acteurs du secteur afin d’élaborer les bases techniques, organisationnelles et spécialisées nécessaires à la mise en œuvre de projets prioritaires.
Les décisions d’économie et de priorisation prises dans le cadre du programme d’allègement budgétaire 2027 (EP27), adopté en janvier 2026, soulignent l’urgence d’une stratégie nationale. La Confédération, les cantons, le Parlement et les acteurs privés doivent définir et poursuivre une orientation commune. À défaut, le risque est grand de voir les investissements dans la numérisation – pourtant largement insuffisants aujourd’hui – être réduits, mettant ainsi en péril des projets d’infrastructure essentiels tels que l’espace national des données de santé (SwissHDS) ou l’utilisation secondaire des données de santé, notamment à des fins de recherche.
Une telle transformation nécessite une collaboration à tous les niveaux, du politique à l’opérationnel. Plutôt qu’une répartition fragmentée des responsabilités, il faut une vision claire, des objectifs communs sur la manière dont la numérisation doit transformer les soins, ainsi qu’un plan de mise en œuvre contraignant. Cela implique des normes nationales, des formes de coopération obligatoires, une mise en œuvre coordonnée au-delà des frontières organisationnelles et des systèmes, ainsi que des modèles de financement communs.
Plus de huit projets de loi doivent être coordonnés, tant sur le plan du calendrier que de leur contenu. En parallèle, il faudra développer des projets pilotes, définir des normes contraignantes, mettre en place des infrastructures nationales ainsi que des modèles de financement et de gouvernance adaptés.
La révision de la loi sur les produits thérapeutiques (LPTh) en est une illustration. Elle prévoit désormais l’introduction obligatoire des ordonnances électroniques et des plans de médication électroniques. Toutefois, aucun financement n’est encore prévu pour mettre en place les infrastructures nécessaires. La loi fédérale sur l’espace des données de santé ne devrait entrer en vigueur qu’à partir de 2031, tandis que la révision de la LPTh s’appliquera déjà dès 2028. À ce stade, les interactions entre le dossier électronique de santé, l’espace des données de santé (SwissHDS) et la médication électronique restent encore à préciser.
L’enjeu consiste désormais à coordonner ces développements, tant sur le plan du calendrier que des infrastructures, avec le dossier électronique de santé et l’espace des données de santé. L’objectif est de générer une réelle valeur ajoutée pour les fournisseurs de prestations et les patientes et patients, tout en définissant de manière transparente et cohérente les complémentarités et les limites entre les différentes initiatives.
Afin de réunir l’expertise de spécialistes issus d’hôpitaux et de cliniques de différentes régions et organisations, H+ a créé, en mai 2026, une Commission spécialisée Numérisation. Son objectif est d’alimenter les réflexions stratégiques et politiques par des contributions concrètes, fondées sur l’expérience du terrain. La commission entend renforcer durablement non seulement l’interopérabilité technique, mais aussi l’interopérabilité organisationnelle, les processus transversaux et la collaboration au sein du système de santé.
Par ailleurs, H+ a conclu un partenariat avec le «Healthcare Cyber Security Center» (H-CSC)². Cette collaboration garantit que les questions de cybersécurité seront accompagnées de l’expertise nécessaire. Numérisation et sécurité doivent être pensées conjointement dès le départ, dans une approche équilibrée et proportionnée.
Avec la création de sa Commission spécialisée Numérisation, son partenariat avec le H-CSC et son engagement dans le programme DigiSanté, H+ renforce le lien entre la pratique, la stratégie et la politique. L’objectif est clair: promouvoir une numérisation interopérable, cohérente et créatrice de valeur pour l’ensemble du système de santé.
1 Voir https://cug.hplus.ch/fr/portrait/strategiedelassociation (Stratégie H+ 2030+)
2 L’association «Healthcare Cyber Security Center» (H-CSC) est une organisation nationale de cybersécurité qui favorise l’échange de connaissances et la collaboration entre les établissements de santé.
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